mercredi 26 mars 2014

Les Chants de Venise



" Je tourne autour de la bibliothèque qui tourne autour de moi. Où m'entraîne ce désir puissant qui compte pour ma plus grande joie ? L'infini, lointain et proche, comme une voix, comme un chant... "
 
Les Chants de Venise, les chants du poète, de l'écrivain attentif, silencieux, marcheur, qui passe d'une calle et d'une église l'autre. Marcelin Pleynet attentif à Venise comme il l'est à Rimbaud et à Cézanne, avec comme programme poétique, vivre et donc d'écrire sur le motif : " Quand la sensation est à sa plénitude, elle s'harmonise avec tout l'être. Le tourbillonnement du monde, au fond d'un cerveau, se résout dans le même mouvement que perçoivent, chacun avec leur lyrisme propre, les yeux, les oreilles, la bouche, le nez... " ( Joachim Gasquet - Cézanne - in Cézanne de Marcelin Pleynet )
Plénitude du peintre, plénitude de l'écrivain, convoquant ses sens au tourbillonnement de Venise, autrement dit aux musiques qui s'y jouent et qui s'y chantent loin du monde, aux toiles qui se dévoilent lorsqu'on lève les yeux, aux livres qui s'ouvrent comme un ciel d'hiver sur la lagune. Les couleurs , toujours les couleurs fidèles compagnes des phrases et des notes dans la glorieuse étendue du roman.
 
" Comme chaque matin je constate qu'une lumière s'allume et dore le pourtour des îles... Il y a singulièrement une musique propre à la ville de Venise... et je l'entends... "
 
" Détroit, soleil debout... les vagues viennent se briser sur les marches de marbre, déjà elles ne sont plus qu'un flot blanc et laiteux qui couvre et découvre le quai. Un instant elles le laissent voir en transparence au moment où, claires et humides, elles émergent et brillent à nouveau... intrigue romanesque du récit. "
 
Les Chants de Venise, chants de vie, qui se lisent de jour comme de nuit sur la belle partition du Temps, à des années lumières de l'imagerie poudrée du carnaval et de ses fantômes. Eloge de la présence musicale : Magnificat, Ave Maris Stella, de l'Instant, du Silence, de la Giudecca, de Mozart, de Da Ponte, de Bellini, d'instants éternels qui se conjuguent au présent composé.
 
" Ma vie n'a pas de fin comme mon champ de vision ne connaît pas de frontière. Ma mort n'est pas un évènement de ma vie. On ne vit pas sa mort. Si l'on entend par éternité non pas la durée mais l'intemporalité, alors il a la vie éternelle celui qui vit dans l'instant. "

à suivre

Philippe Chauché





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