mardi 3 avril 2012

Mes Cavales



" Les cavales qui m'emportent m'ont conduit aussi loin que mon cœur pouvait le désirer, puisqu'elles m'ont entraîné sur la route abondante en révélations de la divinité, qui, franchissant toutes cités, porte l'homme qui sait. C'est par cette route que j'ai été porté ; car c'est sur elle que m'ont conduit les très prudentes cavales qui tiraient mon char, et des jeunes filles montraient la route.
Et l'axe brûlant dans les moyeux jetaient le cri strident de la flûte - il était pressé de chaque côté par les deux roues rondes - quand les Filles du Soleil, ayant laissé derrière elles les demeures de la nuit, se hâtaient de courir à la lumière, rejetant de leurs mains les voiles qui couvrent leurs têtes. " (1)

N'hésitez point jeune homme, pense-t-il, à suivre ces jeunes filles légères et un peu sauvages, ne doutez point que si ce n'est à la mort qu'elles vous conduiront, ce sera sur des côtes maritimes où naufrageront vos pauvres idées, ainsi dépouillé, vous pourrez alors les contempler et qui sait, les aimer.

à suivre
Philippe Chauché 


(1) Le poème / Parménide / traduc. Jean Beaufret / PUF / 1986

1 commentaire:

  1. Belle invite, c'est selon, à la vie, au suicide -c'est pareil ?

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