lundi 11 juin 2012

De la Beauté en Art 2



De la beauté en art, et c'est la question de la beauté, une éducation esthétique comme le dirait l'ami Frédéric Schiffter - il faudra attendre quelques mois pour lire son nouvel ouvrage sur le sujet aux éditions Autrement - qui fait scandale, la beauté est toujours un scandale en ce siècle de fâcheux, la beauté est l'art d'être, elle n'est jamais offerte, elle demande une grande attention au savoir et à la saveur. La beauté en art : un scandale national, pense-t-il, un scandale permanent, demandez à Courbet et à Rodin ce qu'ils en pensent ; la beauté : une façon d'être au monde, elle livre un combat permanent contre la vulgarité, pour s'en convaincre, il suffit de voir ce qui s'expose en ces temps dans les musées d'art contemporain ; la beauté est d'essence follement élitiste, d'où sa mauvaise réputation, alors que la vulgarité à un bel avenir devant elle, voyez comment s'habillent vos chers contemporains, regardez ce qu'ils lisent, qui ils fréquentent, comment ils parlent et vous comprendrez en une seconde, qu'ils soient si peu concernés par l'art de la beauté, et la beauté en art et qu'ils préfèrent l'abondance de laideur dominante.





à suivre

Philippe Chauché 


18 commentaires:

  1. (( Je vais finir par croire que vous aimez tellement ma présence que vous laissez spécialement à mon intention de belles petites fautes dans vos beaux textes : manque le "nt" à "s'habillent" ))

    (( Une dernière fois, si vous souhaitez que je me fasse plus discret envoyez-moi un courriel, vous trouverez facilement mon adresse dans mon profil. Bien à vous ! ))

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  2. La Beauté, Une éducation esthétique
    Mais le lapsus est assez génial.

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  3. Je ne sias pas trop comment m'appeler aujourd'hui. Je n'ai pas décidé11 juin 2012 à 16:51

    Quoi ????? Un accident graphique qui a échappé au veilleur Cédric ?

    Cela dit, effectivement la Beauté une éducation éthique avait du sens, c'est ce que j'ai essayé de pointer en disant qu'il est des erreurs qui se voient sans qu'elles ne polluent ou dévient l'intention du scripteur qui est bien le corps du propos.

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  4. Alfonso > Vous êtes partout ! L'ubiquité, privilège de robot ou de Dieu (j'hésite encore). Quoi qu'il en soit, c'est toujours un plaisir de vous croiser.

    A l'anonyme aux mille noms > Oui, complètement échappé, j'avais pourtant lu le dernier billet du sieur Schiffter ; au reste, chacun dit ce qu'il veut, et "éducation éthique" n'a pas moins de sens qu' "éducation esthétique"...

    Et puisque qu'il est question d' "éducation esthétique" et de Frédéric Schiffter, je ne peux pas ne pas évoquer Friedrich Schiller (amusant paronyme!) dont j'ai lu ici l'une des Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme dont je copie un extrait : "...la voie à suivre est de considérer d'abord le problème esthétique; car c'est par la beauté que l'on s'achemine à la liberté."

    Voilà donc deux philosophes que tout oppose et que tout rapproche ( je leur trouve même une ressemblance physique ) !

    Bien à vous tous.

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  5. Souvent, il lui arrive de perdre quelques accords dans ses escalades verbales, parfois, les mots lui résistent et se cabrent, mais des veilleurs de goût les ramènent dans son champ magnétique, qu'ils soient ici remerciés avec toute la déférence souriante que l'on doit aux aristocrates des phrases qu'ils sont.

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  6. Cher Philippe Chauché,

    Sur le fond, vous savez que nous ne pouvons qu’approuver votre billet.

    Sur la forme, tout a été dit par vos lecteurs prévenants et éclairés, — dont un a écrit, entre autres choses remarquables : « Le dormeur du val dort d'un sommeil de plomb. » ; — ce pour quoi tous les gens de goût (et de poésie) peuvent, sans fausse pudeur, le complimenter et le remercier.

    Hier, des lectrices attentives — et qui venaient vous soutenir —, aujourd’hui, des lecteurs vifs et lumineux : le monde est laid, certes, mais, chez vous, on peut dire que ça ne se voit pas.

    Vaudey

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  7. Après réflexion, et histoire de continuer la tradition poétique inaugurée par Bashô — mais sans rien de l’esprit correcteur qui animait ce dernier lors de l’anecdote du piment et de la libellule – plutôt porté, à l’inverse, par le désir de faire rouler les dés poétiques déjà lancés et d’illustrer et de dévoiler un peu plus cette Beauté dont parle Frédéric Schiffter dans son prochain ouvrage — je propose à votre assemblée :

    Le dormeur du val dort : un sommeil, deux plombs.

    Qui est conforme au poème de Rimbaud.

    Ne croyant pas gâcher, par-là, le choix vraiment remarquable de vos textes, de vos réflexions et des splendides illustrations qui accompagnent l’ensemble.

    Bien à vous,

    R.C. Vaudey

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  8. Impression d'être ici plongé dans un cénacle où tous les mets proposés sont savoureux et délicats, à l'image des convives.

    Cher Philippe Chauché, j'observe aujourd'hui que votre propre prénom, qui pourtant aime les chevaux, s'est cabré ! ( Un 'p' s'est carapaté au moment de signer ! )

    Cher R. C. Vaudey, les mots proposés furent délicieux, arômes forts et harmonieux.

    Et parce que vous m'avez mis en appétit, je poursuis :

    Quand le poète d'or meurt d'uvales odeurs affleurent.


    Je lève mon verre (de vin évidemment, puisque le poète doit se faire voyant!) à la santé de cette belle assemblée.

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  9. @Cédric

    Héloïse — qui découvre ces échanges—, me fait justement remarquer que, pour ne pas voir cette signature, vous deviez (nous devions !) avoir l’esprit occupé ailleurs… voire plus haut…

    Du val
    Où il se réveille
    Le poète d'or
    — re-né —
    Lève son verre à votre santé.

    R.C. Vaudey

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  10. Cher Philippe,

    J'avais vu.

    Mais, comme vous et moi, tous deux à l'école de Baltasar Gracián, nous savons que ce qui est beau est bon, et que ce qui est bon ne l'est que parce que c'est artistement fait, je n'avais pas jugé utile de relever la confusion des termes "éthique" et "esthétique". Et puis ce qui est utile n'est pas beau. Ce qu'il y a de plus utile dans une maison, ce sont les latrines, disait Théophile Gautier.

    Je salue ce cher Vaudey au passage.

    À vous,

    FS

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  11. Cher Schiffter,

    Vous manquiez dans cet échange poétique et plutôt gracieux — dont vous étiez pourtant la cause…

    « Ce qui est artistement fait est bon. Ce qui est bon est beau », dites-vous, très justement.

    Vous me permettrez d’ajouter, très classiquement, avec Stendhal : « La beauté est une promesse de bonheur. ».

    L’ensemble — de quelque façon que l'on entende Stendhal — nous permet de savoir à quelles conditions nous pouvons connaître le bonheur.

    Pour « artistement », ceux qui s’interrogent peuvent toujours nous lire, vous et nous, cher Dilettante.

    Je me joins à Héloïse pour vous saluer.

    R.C. Vaudey & Héloïse Angilbert

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  12. Le coupe vent fourré polaire noir sécurité CITYGUARD du Première Classe Duval n’est plus qu’une flache de sang aux reflets mordorés.
    Une boite de somnifères Phénobarbital complète, puis troue la composition picturale.
    Le poème a du plomb dans l’aile sont les dernières paroles de l’audioguide.

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  13. R.C Vaudey >

    Les beaux esprits se rencontrent...

    Je m'étais fait exactement la même remarque ! Mes hommages à Héloïse Angilbert.


    Tous ces échanges m'inspirent, merci !

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  14. Latrine (Delvau, 1864): Femme galante usée et sale, et qui continue à baiser, parce qu’il y a des gens qui ne sont pas difficiles.

    Pourtant on fout cette latrine !
    Ne vaudrait-il pas mieux cent fois
    Moucher la morve de sa pine
    Dans le mouchoir de ses cinq doigts ?

    Théophile Gautier — Poésies libertines

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  15. Curieusement, cher Alfonso, je remarque que cet Alfred Delvau, attribue, dans son Dictionnaire érotique moderne, ces mots de T.Gautier à A. de Musset, avez-vous une explication à cette 'confusion' ? Et puis, est-ce vous qui avez rectifié, ou sont-ce nos sources qui divergent ?

    Voici mes deux sources (aucun mérite, je les dois à Google) : la première et la seconde. Voir à l'entrée « Latrine ».

    Je termine en lançant une question : Les mots sont-ils utiles ?

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  16. Bel échange poétique en effet. Sur la fin, y’a quand même la boniche qui fait tâche avec ses latrines.
    Qu’ils soient des Canaries ou d’ailleurs, chez les marchands de sommeil, le côté « donneuse » et dame-pipi qui passe essuyer après prévenu son maître, ressort vite. En même temps, d’Uga ou d’ailleurs, c’est leur quotidien.
    Sans cela, très beau site.

    Pierre

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  17. Le tableau de Courbet continue à faire couler beaucoup d'encre.

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