
vendredi 26 novembre 2010
mercredi 24 novembre 2010
mardi 23 novembre 2010
Ainsi va le Temps (10)
lundi 22 novembre 2010
dimanche 21 novembre 2010
vendredi 19 novembre 2010
mercredi 17 novembre 2010
mardi 16 novembre 2010
lundi 15 novembre 2010
Presque Tout et son Contraire (15)
" Les rêves sont des sensations à deux dimensions seulement. Les idées sont des sensations à une seule dimension. Une ligne est une idée. " (1)Les humanoïdes devraient y regarder à deux fois avant de parler.
" Je suis ici, sur ce lit, comme un fainéant ; non point qu'il me déplaise d'être un terrible paresseux ; mais je hais de rester longtemps que ça, quand notre époque est la plus favorable aux trafiquants et aux filous ; moi, à qui il suffit d'un air de violon pour me donner la rage de vivre ; moi qui pourrais me tuer de plaisir ; mourir d'amour pour toutes les femmes ; qui pleure toutes les villes, je suis ici, parce que la vie n'a pas de solution. " (2)
Sans les hommes, les femmes s'ennuieraient, c'est aussi pour cela qu'elles nous quittent.
" Un vieillard, me trouvant trop sensible à je ne sais quelle injustice, me dit : " Mon cher enfant, il faut apprendre de la vie à souffrir la vie. " (3)
" La jouissance me donne des ailes ", aimait-elle m'avouer. Je l'invitais à se prémunir contre les trous d'air.
" Vise à être aimé sans être admiré. " (4)
Le rap est à la musique, ce que le beaujolais nouveau est au vin.
" Il ne tient qu'à moi d'être vieux. J'ai de quoi. Mais j'ai dit : je ne le suis pas, et cela me réussit. On peut s'empêcher au moins d'être un vieillard : c'est la paresse de corps et d'esprit qui la constitue. Tant pis pour ceux qui s'y laissent aller.
Je ne dis aussi : je ne veux pas mourir. Je ne sais comment cela réussira. " (5)
Si l'on m'attribue un jour un prix, ce sera celui du plus mauvais coucheur.
à suivre
Philippe Chauché
(1) Le retour des dieux / Manifestes du modernisme portugais / Fernando Pessoa / traduct. José Augusto Seabra / Éditions Champ Libre
(2) Oscar Wilde est vivant ! / Maintenant / Revue littéraire / octobre-novembre 1913 / Arthur Cravan / Oeuvres / Ivréa
(3) Caractères et Anecdotes / Chamfort / Gallimard
(4) Remarques mêlées / Ludwig Wittgenstein / traduct. Gérard Granel / GF Flammarion
(5) Prince de Ligne / Lettres et Pensées / Fragments de l'histoire de ma vie / Tallandier
dimanche 14 novembre 2010
Ainsi va le Temps (5)
" Je passe parfois des heures, sur la place du Torreiro do Paço, au bord du fleuve, à méditer vainement. Mon impatience veut sans cesse m'arracher à cette quiétude, et mon inertie m'y retient aussi sans cesse. Je médite donc, dans une torpeur de l'être physique qui ressemble à de la volupté autant que le murmure du vent peut évoquer des voix, dans la perpétuelle insatiabilité de mes vagues aspirations, dans la constante instabilité de mes impossibles désirs. Je souffre, en tout premier lieu, de cette maladie de pouvoir souffrir. Il me manque quelque chose que je ne désire pas, et je souffre parce cela n'est pas réellement souffrir.
Le quai du fleuve, la tombée du jour, l'odeur de l'eau - tout cela entre, et entre conjointement, dans la composition de mon angoisse. Les flûtes d'impossibles bergers ne pourraient être plus suaves que leur absence même, et que l'évocation, grâce à cette absence, de ces flûtes irréelles.
De lointaines idylles, sur les berges de quelque ruisseau, me blessent d'une heure semblable, au-delà de moi (...) " (1)
Il passait souvent des heures à regarder le fleuve, laissant les derniers rayons du soleil d'hiver disparaître dans le gris sombre des eaux, c'est ce qu'il écrit. A quelques pas de là, s'étaient nouées quelques aventures dont il avait ailleurs dessiné les contours. Un corps y avait coulé, et il se demandait si c'était le sien. Une ombre errante l'enveloppait et lui faisait perdre ses dernières désillusions.
" Organiser notre existence de façon qu'elle soit aux yeux des autres un mystère, et que ceux mêmes qui nous connaissent le mieux nous ignorent seulement de plus près que les autres. J'ai façonné ainsi ma vie, presque sans y penser, mais avec tant d'art et d'instinct que je suis devenu pour moi-même une individualité, mienne sans doute, mais qui n'est ni clairement ni entièrement définie. " (1)
à suivre
Philippe Chauché
(1) Le livre de l'intranquilité / II / Fernado Pessoa / traduct. Françoise Laye / Christian Bourgois Éditeur
samedi 13 novembre 2010
Michel Portal Danse

La musique est une danse permanente, c'est ce qu'il pense, en écoutant les musiques de Michel Portal (1).
La musique danse lorsqu'elle embrase ainsi le Temps.
La musique est un verbe en mouvement permanent qui dénoue nos doutes.
Michel Portal, oscille entre Mozart et ses propres compositions, cet homme c'est Ulysse qui s'embarque sur les mers musicales.
Ses voiles : des clarinettes et des saxophones.
Ses manières : une danse.
Son style : une certaine idée de la beauté.

Que serions-nous sans la musique ? Peu de choses, note-t-il.
Écoutez par exemple, " Ombres " (1), c'est Picasso. Clarinette et guitare, beauté éblouissante de la mélodie, le visible et l'invisible, le vide en retenue, fleurs d'accords, posture chinoise s'il en est. La saveur et le savoir du musicien.
Michel Portal, écrit-il, ouvre sa musique comme José Tomas sa cape. C'est net et clair, profond, magique, fleuri.
Écoutez aussi, " Citrus Juice " (1), c'est une floraison d'accords, sauts et suspensions du Temps, toute la musique noire y explose.
Mingus est là, mais aussi Miles, Barney Wilen, Ornette Coleman, Gil Evans dans sa période espagnole, une permanence de l'histoire de la musique américaine, une passion troublante de la mélodie, dans ses éclats et ses déchirements, le corps mis en avant comme dans une naturelle.
Michel Portal a une mémoire d'éléphant dansant et de philosophe amusé, la musique vient de là, de la forêt et des rues où passent quelques hommes adeptes de dérives sensuelles.
Michel Portal est un magicien blanc qui explore avec grâce le continent noir de sa musique, c'est un musicien noir qui fait chanter et danser Mozart (2) comme personne, c'est un musicien européen a l'accent américain, un américain à Paris, un musicien stylé et joyeux.
Seule la musique sauve provisoirement du désastre.

à suivre
Philippe Chauché
(1) Baïlador / Michel Portal / Universal
(2) Wolfgang A. Mozart / Clarinet Quintet. Kegelstatt-trio. Adagio et Fugue / Michel Portal - Jean Claude Pennetier - Quatuor Ysaÿe / Ysaÿe Records
mercredi 10 novembre 2010
Ainsi va le Temps (4)
dimanche 7 novembre 2010
Ainsi va le Temps (2)
samedi 6 novembre 2010
Ainsi va le Temps.
vendredi 5 novembre 2010
Presque Tout et son Contraire (14)

Pierre Auguste Renoir 1841-1919
" La plus célèbre des fleurs et la plus enchanteresse des femmes s'unissent pour charmer les regards ;
Elles font qu'un sourire joyeux ne s'efface jamais sur un visage auguste.
Si le printemps s'écoute et s'en va, que ( lui ) importe ? " (1)
" La folie de la vie nous fait parfois assister à d'absurdes invitations où nous mangeons et entendons ce que nous ne voudrions ni manger ni entendre. " (2)
Elle traversait la vie comme un aveugle une autoroute.
Toute ressemblance avec des personnes ayant existé, ou existantes est parfaitement volontaire.
" Liste des couleurs des villes
Brooklyn, biscottes.
Le Caire, terre et ciment.
Istanbul, gris plomb et vert tilleul.
Londres, spéculoos et abricot.
Paris, gris pigeon.
Saint-Sébastien, jaune argile.
Venise, corail. " (3)
Il se dit, le matin une rose et un baiser, le midi un baiser et une rose, le soir silence des fleurs.
Il garde mille éclats de son passage, miroir brisé.
à suivre
Philippe Chauché
(1) Strophes improvisées / Li-Taï-Pé / Poésie de l'époque des Thang / traduct. Marquis d'Hervey-Saint-Denys / Éditions Ivrea
(2) L'Homme perdu / Ramon Gomez de la Serna / traduct. François-Michel Durazzo / André Dimanche Éditeur
(3) Encyclopésie capriciseuse du tout et du rien / Charles Dantzig / Grasset
mercredi 3 novembre 2010
Jour des Vivants

" Boire du vin et étreindre la beauté
Vaut mieux que l'hypocrisie du dévot ;
Si l'amoureux et si l'ivrogne sont voués à l'Enfer,
Personne, alors, ne verra la face du Ciel. " (1)
Ce qu'il aimait chez les femmes : leur inconstance.
Ce qu'elle détestait chez les hommes : leur fidélité.
Morale : le petit théâtre des sexes fait florès.
" Ces hommes silencieux, sombres, méchants, possèdent quelque chose que vous ne pouvez leur disputer, une jouissance étrange et rare du dolce farniente, une tranquillité de crépuscule et de soleil couchant, telle que seul la connaît un coeur qui fut trop souvent consumé, déchiré et empoissonné par les passions. " (2)

Le cinéma l'occupait tellement que lorsqu'elle s'offrait, elle se faisait doubler.
Le cinéma l'amusait tellement que lorsqu'il lui parlait, il se soutitrait.
" On n'apprend rien dans le fond.
On apprend tout dans le ton. " (3)
Au risque de déplaire, il s'amusait à plaire.
Au risque de plaire, il s'amusait à déplaire.
Au risque de la faire fuir, il lui souriait.
De chaque instant de sa vie il faisait un toreo, et il s'étonnait de prendre des coups de corne.
Son style : des pertes de mémoire.
à suivre
Philippe Chauché
(1) Les quatrains / Omar Khayyam / traduct. Charles Grolleau / Éditions Gérard
Lébovici
(2) Aurore / Friedrich Nietzsche / traduct. Julien Hervier / Gallimard
(3) Commérages / Esnaola / Distance





















